Un rapport de la STM montre à quel point le métro de Montréal est plus dangereux qu'avant

Une personne sur deux ne s'y sent plus en sécurité. 😫

Des constables de la STM. À Droite : Une entrée de métro de la STM.

Les appels concernant des incivilités dans le métro ont augmenté de 40 %, passant 18 807 en 2023 à 26 298 en 2024.

Éditeur Junior, Nouvelles

Le métro « ne peut plus être le refuge de dernier recours » des personnes sans domicile fixe, selon un récent mémoire de la Société de transport de Montréal (STM), qui détaille les impacts de la crise de l’itinérance sur le sentiment d'insécurité des usagers et usagères du réseau.

À lire également : La STM met les choses au clair après une controverse sur des coupures en transport adapté

En janvier 2025, seule une personne sur deux se sentait en sécurité lors de ses déplacements, selon les données du rapport publié le 18 février dernier.

« Le métro est malheureusement devenu un lieu de repli pour les personnes les plus vulnérables qui passent à travers les mailles du filet social », a déclaré le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell.

Souhaitant qu'il y ait une « réelle prise en charge » de ces personnes par le système de santé, il martèle que la STM « ne peut plus être le refuge de dernier recours » et qu'il est « inacceptable que l’on considère le métro comme un bon endroit » pour elles.

En 2022, l'organisme Centraide du Grand Montréal a révélé que la population de personnes en situation d'itinérance visible avait triplé dans la province en 10 ans. Sur les 10 000 personnes sans abri recensées, près de la moitié (47 %) se trouvait à Montréal.

Des chiffres qui frappent

Le mémoire de la STM stipule que les appels concernant des incivilités ont augmenté de 40 % en seulement un an, passant de 14 540 en 2022 à 18 807 en 2023. Ce nombre a bondi à 26 298 en 2024.

Les plaintes de la clientèle concernant la sécurité ont également augmenté de 18 %, passant de 1 062 en 2022 à 1 438 en 2023, puis atteignant 1 695 en 2024. Les appels liés à la consommation de drogues ont explosé de 166 %, passant de 1 055 en 2022 à 807 en 2023, puis à 2 150 en 2024.

Les agressions de nature criminelle envers le personnel de première ligne de la STM ont atteint 382 cas en 2024, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2023.

Un appel à l'aide

« Nous faisons tout ce que nous pouvons pour assurer un encadrement des personnes itinérantes dans notre réseau, mais face à un équilibre précaire dans nos stations et un sentiment de sécurité en déclin chez notre clientèle et nos employés, la situation est insoutenable », souligne Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM.

Selon elle, les équipes de la société de transport ne pourront plus faire preuve « d’une aussi grande tolérance » à l'endroit des personnes problématiques s'il n’y a pas de changement significatif dans leur prise en charge.

Face à la situation préoccupante, la STM demande une intervention gouvernementale afin d'éviter une aggravation du problème.

L'organisme a formulé plusieurs recommandations prioritaires à l’Office de Consultation publique de Montréal (OCPM) pour arriver à ses fins. En voici quelques-unes :

  • Investir davantage dans les services de santé et sociaux pour que les personnes en situation d'itinérance soient aidées tout au long de leur trajectoire, de l’espace public jusqu’à l’accès au logement.
  • Développer davantage de sites de consommation supervisée près des stations de métro afin de limiter l’usage de drogues dans les espaces publics.
  • Créer et financer une équipe d’intervenants et d’intervenantes psychosociaux spécialisés en intervention dans le réseau STM.
  • Élaborer une stratégie complète à long terme pour soutenir les populations vulnérables en matière de services d’hébergement.

Ceci est une adaptation de l'article « A new STM memo shows just how dangerous the Montreal metro has become », qui a été publié à l'origine sur MTL Blog.

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  • Éditeur Junior

    Jean-Michel Clermont-Goulet est journaliste et éditeur junior chez Narcity Québec. Diplômé de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en journalisme, il a d’abord fait ses premières armes au sein d’un média spécialisé en techno avant d’embarquer dans la grande famille de Narcity Québec, où il a travaillé de 2019 à 2021. Après un passage dans l'équipe de 24 heures, où il a traité d’actualité locale, nationale et internationale, Jean-Michel est de retour en force en 2025 pour informer la communauté de Narcity. Bien qu’il soit intolérant au gluten, il mange de la politique à profusion et n’a pas peur de donner son opinion. Il accorde également une importance aux nouvelles concernant divers enjeux sociaux et environnementaux.

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