Les parents au Québec ne veulent plus appeler leurs fils «Kevin» et les stats le prouvent
Malgré les « Awaille Kevin, continue comme ça », le prénom est en déclin.

Jadis très populaire, le prénom Kevin peine aujourd'hui à séduire les nouveaux parents québécois.
Fini les Kevin au Québec? Il semblerait que ce soit presque le cas, du moins techniquement. Si le prénom Kevin a longtemps trôné dans les cours d'école québécoises, sa réputation a pris tout un coup au fil des années.
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Selon la banque des prénoms de bébés de la province, Kevin connaît depuis plusieurs décennies une tendance à la baisse, et la chute est spectaculaire.
C'est en 1993 que le prénom a atteint son sommet au Québec, avec 874 naissances cette année-là. À cette époque, Kevin avait le vent dans les voiles : des personnages emblématiques comme l'acteur Kevin Costner ou le petit Kevin McCallister de Maman, j'ai raté l'avion! lui donnaient une image franchement sympathique.
Mais les temps ont changé. À partir du milieu des années 90, la chute s'est amorcée et le prénom perdait tranquillement ses lettres de noblesse. Puis, quand la vidéo Un mot pour Kevin a débarqué sur YouTube en 2008, ça a été le coup fatal dans la province. Avec ses répliques devenues cultes au Québec — dont le fameux « Bonne fête, Kevin! » — elle a contribué à cristalliser un stéréotype tenace autour du prénom. Difficile d'imaginer que ça ait aidé sa cote auprès des nouveaux parents.
Le phénomène va d'ailleurs bien au-delà d'une simple vidéo virale. L'animateur Pierre-Yves Lord a consacré un documentaire entier à la question, simplement intitulé KEVIN. Des personnes portant ce prénom y racontent comment elles se retrouvent souvent cataloguées négativement alors qu'elles subissent des répercussions qui se font sentir concrètement, que ce soit dans le monde du travail ou dans leur vie personnelle. Et ce n'est pas un phénomène uniquement québécois : la stigmatisation autour du prénom Kevin existe à l'échelle mondiale.
Les chiffres, eux, ne mentent pas. En 2024, seuls huit bébés ont reçu le prénom Kevin au Québec. En 2025, ce nombre a légèrement remonté à 13. Pour comparaison, on en comptait encore 669 en 1996. Depuis 10 ans, c'est à peine 225 Kevin qui ont vu le jour dans la province.
La variante Keven a connu un destin similaire. Populaire à la fin des années 1980, avec un sommet à 341 naissances en 1989, elle a pratiquement disparu des registres, avec zéro naissance enregistrée pendant quatre années consécutives (2021 à 2024), avant un timide retour à 5 en 2025.
Au total, depuis le début des années 80, ce sont 14 801 garçons qui ont été prénommés Kevin au Québec, et 5 116 autres ont reçu la variante Keven.
À noter qu'on ne peut pas établir de lien direct entre ces tendances culturelles et la chute du prénom dans les registres, mais difficile de nier que l'image du Kevin québécois est peu reluisante. Cela dit, ce n'est pas parce qu'un prénom traîne une réputation que ceux qui le portent la méritent. D'ici à ce que Kevin retrouve sa cote d'amour, on ne peut que leur souhaiter une chose : « Awaille, Kevin, continue comme ça! »
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