La mort de Joyce Echaquan, décédée sous les insultes racistes d’employées de l’hôpital de Joliette aura indigné une majorité de Québécois. Maintenant, que se passe-t-il avec les employées congédiées dans la foulée des événements ? 


Attention, nous désirons vous avertir que cet article contient du contenu graphique qui pourrait choquer certains lecteurs.


« Ostie d’épaisse de tabarnouche », « C’est mieux mort, ça. » ou « T’as fait des mauvais choix, ma belle. C’est meilleur pour fourrer qu’autre chose. » Ce sont sur ces derniers mots que Joyce Echaquan a été traitée à l’hôpital de Joliette, le 28 septembre dernier.

En contrepartie, ce sont ces dernières paroles qui ont mené au congédiement de l’infirmière et de la préposée aux bénéficiaires (PAB) qui ont été filmées par la victime.

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Ont-elles toujours le droit de pratiquer leur métier?

Bien qu’elles aient été congédiées de leur poste au Centre Hospitalier de Lanaudière (CHDL) de Joliette, l’infirmière et la préposée aux bénéficiaires en question ont toujours le droit de pratiquer leur métier respectif.

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) précise à Narcity que le permis n’est pas suspendu ni révoqué « pour le moment », puisque « le processus d’enquête suit son cours ».

« Il faut que la Direction du Bureau du Syndic recueille les éléments de preuve avant de déposer une plainte et de porter des accusations contre un membre devant le Conseil de discipline », ajoute l’OIIQ.

D’ici là, tant pour la PAB que l’infirmière, les établissements de santé ont la responsabilité de faire « les vérifications nécessaires » du membre qui pourrait convoiter un autre poste, ailleurs, comme les références et les antécédents.

Y a-t-il un Ordre pour les préposés et préposées aux bénéficiaires?

Non, mais ils ont toutefois accès à la Fédération des préposés aux bénéficiaires du Québec (FPBQ), une association volontaire. Son président-directeur général, Michel Lemelin, croit qu’il faudrait mettre en place un Ordre pour les PAB.

« S’il y avait un semblant d’Ordre professionnel, un encadrement, une adhésion obligatoire et qu’elle était cadrée, ce serait différent [...] surtout dans des situations où le comportement était complètement inadéquat dans le cadre de la profession », a affirmé M. Lemelin en entrevue téléphonique avec Narcity.

Quant à la radiation temporaire ou définitive de la PAB, le PDG de la Fédération se demande lui-même ce qu’il en adviendra.

« C’est bien beau congédier la PAB, donner satisfaction à la famille, mais ça ne garantit pas que cette personne-là ne se retrouvera pas à nouveau dans le réseau », avoue-t-il, somme toute inquiet.

Quelle est la suite des choses?

Comme l’a mentionné l’OIIQ, une enquête est en cours, afin de savoir ce qui adviendra de l’infirmière membre de l’Ordre.

Le gouvernement du Québec a d’ailleurs demandé une enquête du coroner afin de faire la lumière sur l’histoire ayant coûté la vie à cette Atikamekw de 37 ans et mère de sept enfants.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a d’ailleurs tenu a précisé, hier, qu’il laissera le coroner « prendre acte de ce qui est arrivé et, à ce moment-là, on prendra une décision ».

Michel Lemelin, lui, affirme que s’il était président d’un Ordre professionnel pour les PAB, il n’hésiterait pas à enclencher une enquête et à radier, du moins temporairement, la préposée.


Photo de couverture utilisée à titre indicatif seulement. 

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