Tout sur la saga du faux sirop d'érable vendu en épicerie au Québec
Peut-être en as-tu toi-même acheté? 👀

Du faux sirop d'érable vendu à l'épicerie fait couler beaucoup d'encre depuis la parrution d'une enquête.
Le monde acéricole est en crise depuis qu’une enquête de Radio-Canada a révélé qu’un important producteur de sirop d’érable « pur à 100 % » de la Montérégie trafiquait son produit en y ajoutant... du sucre de canne. Depuis, l’histoire fait couler beaucoup d’encre (et de sève). Retour sur cette saga qui secoue l’or blond du Québec.
À lire également : Pas de location Airbnb à Montréal pendant le Grand Prix de la F1 : Voici pourquoi
Tout commence avec une assiette de crêpes dégustée par un journaliste de l’émission Enquête. Il y verse du sirop d’érable acheté à l’épicerie, mais dès la première bouchée, quelque chose cloche. Le goût est étrange, loin de celui auquel on s’attend habituellement.
Intrigué, il lance alors une enquête journalistique avec ses collègues sur l’acériculteur de Saint-Chrysostome, Steve Boudreau.
L’émission Enquête s’est procuré cinq cannes de sirop d’érable provenant de cet homme, distribuées dans différentes grandes chaînes d’épiceries au Québec et ailleurs dans le monde par son entreprise à numéro. Des analyses en laboratoire ont révélé que chacun des échantillons contenait au moins 50 % de sucre de canne.
Comme ce sirop — qui se rapproche davantage d’un sirop de poteau — était vendu directement aux détaillants, il échappait aux contrôles normalement effectués lorsqu’il transite par l’agence de vente des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), indique-t-on.
Le producteur visé a affirmé aux journalistes de Radio-Canada que la fraude pourrait être attribuable à des fournisseurs auprès de qui il aurait acheté du sirop en vrac.
Dans le reportage, Steve Boudreau reconnaît toutefois avoir déjà eu des démêlés avec le regroupement des PPAQ, notamment pour avoir acheté du sirop d’érable en vrac sans y être autorisé. Il avait d’ailleurs écopé d’une amende de 346 000 $ en 2023.
Un reportage qui fait beaucoup jaser
Depuis la diffusion de l’enquête, le 2 avril dernier, les Québécois et Québécoises redoublent de vigilance lorsqu’ils et elles achètent une canne de sirop d’érable.
Radio-Canada a aussi révélé, le jeudi 9 avril, que des consommateurs et consommatrices ont remarqué qu’une nouvelle étiquette avait été apposée par-dessus le nom de l’entreprise de Steve Boudreau.
Sur certaines cannes, on pouvait lire « le sirop d’Angela » recouvrant la mention de la compagnie à numéro de l’acériculteur, 9227-8712 Québec inc. Ces produits ont toutefois été retirés des tablettes, selon Radio-Canada.
Une demande d’action collective déposée
Selon plusieurs médias québécois, une demande d’action collective a été déposée à la Cour supérieure du Québec contre l’entreprise de Steve Boudreau.
La plaignante, Maude Fraser-Jodoin, soutient que le producteur a trompé les consommateurs et les consommatrices en mettant sur le marché un produit qui ne correspondait pas à ce qui était indiqué sur l’étiquette, soit un sirop d’érable 100 % pur, sans ajout d’autres substances, ce qui contrevient notamment à la Loi sur la protection du consommateur.
« Les consommateurs, qui ne peuvent vérifier eux-mêmes la composition ou l’origine véritable de leurs aliments, doivent s’en remettre aux représentations, aux publicités et aux descriptions figurant sur son emballage pour faire un choix de produit éclairé », peut-on lire dans la demande.
Elle réclame, au nom des membres du groupe, des dommages compensatoires équivalents aux sommes déboursées ainsi qu’un montant additionnel de 100 $ par personne.
- Cette cabane à sucre au menu cochon sur la Rive-Nord de Montréal est le paradis du fromage ›
- 3 cabanes à sucre vraiment « extra » où tu en as pour ton argent près de Montréal ›
- Tu peux maintenant boire ton sirop d'érable en boisson gazeuse - Narcity ›
- Le passage de deux « trad wives » à Tout le monde en parle fait (pas mal) réagir ›