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Jennifer Abel s'ouvre sur sa décision de prendre sa retraite des Jeux olympiques

Ça fait des années qu'elle y pense.

Journaliste nouvelles, Narcity Québec

Jennifer Abel s'ouvre sur sa décision de prendre sa retraite des Jeux ...

Bien qu'elle n'ait pas atteint tous les objectifs qu'elle s'était donnés, la plongeuse québécoise Jennifer Abel revient de Tokyo en étant médaillée d'argent, fiancée de diamant et d'or jaune, ainsi que totalement sereine de sa dernière expérience aux Jeux olympiques.

Retour sur la dernière année pandémique, la pression qu'elle s'est imposée, sa décision de prendre sa retraite des Olympiades, sa coéquipière Mélissa Citrini-Beaulieu : Narcity s'est entretenu avec l'autrice de son propre livre, qui débute maintenant un nouveau chapitre.

Tokyo 2020, ses derniers JO

Détrompez-vous, Jennifer Abel ne prend pas sa retraite du plongeon. Mettre fin à sa carrière olympique ça ne se fait pas d'un claquement de doigts, dit-elle.

« Depuis Rio 2016, je savais que je m'enlignais pour mon dernier cycle olympique », confie celle qui, somme toute, revient satisfaite de sa performance à Tokyo.

Malgré sa médaille d'argent au tremplin 3 m synchronisé avec sa coéquipière et amie Mélissa Citrini-Beaulieu, la Québécoise de 29 ans « garde une certaine insatisfaction personnelle » devant sa performance à la finale du 3 m, elle qui a raté un plongeon qui lui a fait manquer la chance de mettre la main sur la seule médaille qui lui restait à obtenir.

« Elle me tenait à cœur, celle-là », avoue-t-elle. « Sinon, je suis vraiment satisfaite de mon parcours aux JO de Tokyo. »

Jennifer Abel ne s'est toutefois pas prononcée sur son avenir dans le monde du plongeon, mais elle assure qu'elle prend seulement sa retraite des JO pour le moment.

Mélissa Citrini-Beaulieu, un pilier

Avec la dernière année pandémique qu'elle a connue, Jennifer Abel affirme être reconnaissante face à sa partenaire.

« Elle m'a très bien soutenue », mentionne-t-elle. « Je n'aurais pas pu avoir une meilleure partenaire que Mélissa. Notre médaille d'argent démontre notre complicité. »

Maintenant qu'Abel prend sa retraite, Citrini-Beaulieu se retrouve sans sa complice des dernières années. Toutefois, Jennifer avoue ne pas ressentir de responsabilité envers elle.

« C'est certain qu'au village, après notre médaille, ça n'a pas été facile. [Mélissa] me l'a demandé "Es-tu certaine que c'étaient nos derniers JO?" », raconte-t-elle, précisant que Citrini-Beaulieu savait depuis le début qu'elle ne reviendrait pas pour les Jeux de Paris, en 2024.

« En même temps, on est tellement de bonnes amies, on veut le meilleur l'une pour l'autre, on veut qu'on soit heureuses. Je vais toujours être là pour elle. »

L'effet coup de poing du report des JO

Elle ne s'en cache pas, Jennifer Abel a été choquée et marquée par le report des Jeux olympiques de Tokyo, alors que la pandémie frappait de plein fouet le monde entier.

« On se prépare quatre ans pour ça. La dernière année, c'est celle qu'on augmente d'une coche pour aller chercher les petites vis qui ne sont pas bien vissées », dit-elle.

Selon elle, ce n'est pas le fait de se dire « j'ai une autre année d'entraînement en vue » qui frappe, mais bien « j'ai une autre année olympique ».

Est-ce que ses récents résultats olympiques auraient été différents sans le report des JO? « Oui, mais pour le mieux, je ne sais pas », lance celle qui plonge depuis qu'elle sait pratiquement dire « tremplin ».

« Mon objectif avec Mélissa était d'avoir une médaille d'argent au 3 m synchro, chose qu'on a faite. Pour mon individuel, c'est autre chose. On m'a enlevé un an et demi de compétition ce qui fait une grosse différence pour moi. »

Devoir être au summum de sa forme

D'emblée, Jennifer Abel avoue avoir mis la barre haute pour ses dernières Olympiades.

« Je ne voulais pas avoir l'étiquette de la fille dont la pandémie a eu raison d'elle », affirme la double médaillée olympique, ajoutant qu'elle devait être au summum de sa forme, « malgré l'année et demie sans compétition et sans s'entraîner comme on le désirait ».

Abel confie même avoir fait affaire avec une préparatrice sportive l'an dernier pour s'assurer que « ça allait bien mentalement pour tout donner jusqu'à la fin ».

Le support de sa famille et de son conjoint, et tout récemment fiancé, le boxeur montréalais David Lemieux, lui a été d'une grande aide.

« Je pouvais vraiment l'appeler à n'importe quel moment. Si j'avais à vider mon sac, il était là pour moi. »

Pour la suite des choses

Bien qu'elle ne soit pas retraitée à 100 % et qu'elle ait un mariage à planifier, Jennifer Abel compte prendre le temps de redescendre de son nuage et de « se trouver » en dehors de la piscine, en plus de passer du temps avec ma famille.

« Ça fait 25 ans que je plonge, 25 ans que je suis toujours partie. [Je vais] prendre le temps de les chérir sans avoir le stress de "faut qu'on se voit en fin de semaine, parce que je pars pour trois semaines" », raconte-t-elle à la blague.

Cet entretien a été édité et condensé afin de le rendre plus clair.

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