Crise à Cuba et vols annulés : Des agents de voyage québécois donnent leurs conseils

Ton prochain séjour pourrait vite devenir chaotique.

Une plage de Cuba.

Des agents de voyage offrent des conseils face au chaos créé par la crise à Cuba, qui force l'annulation de vols.

Éditeur Junior, Nouvelles

Les prochains jours risquent d’être chaotiques pour les agences de voyages du Québec. Cuba, destination soleil chouchou des Québécois et Québécoises, a mis sur pause l’avitaillement de kérosène aux transporteurs aériens depuis ce mardi 10 février. Plusieurs vols à partir de l’aéroport Montréal-Trudeau ont été annulés. On fait le point sur la situation sur l’île caribéenne et dans la Belle Province avec deux expert.e.s.

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Ce qu’il faut savoir, c’est que les autorités cubaines ont annoncé que les avions qui atterrissent à l’un des aéroports de Cuba ne seront plus en mesure de faire le plein de kérosène, en raison d’une pénurie de carburant. Les pleins sont suspendus pour un mois.

Résultat : plusieurs compagnies aériennes canadiennes ont décidé soit d’annuler leurs vols vers Cuba, soit de maintenir leurs services.

Mais pourquoi y a-t-il une pénurie de carburant?

Depuis les derniers mois, Cuba est frappée de plein fouet par une pénurie de nombreux produits de première nécessité, dont la nourriture, l’eau et les médicaments.

La plus grande île des Caraïbes planifie régulièrement des coupures de courant prolongées, pour alléger la pression sur le réseau électrique.

Depuis janvier dernier, le pétrole est également devenu source de problème. En tout début d’année, les États-Unis ont mené ce qui est devenu la chute du gouvernement du Venezuela, en capturant son président déchu, Nicolas Maduro.

Or, le Venezuela était jusque-là le principal fournisseur de pétrole à Cuba. Le pays de Che Guevara est lui aussi dans la mire de Washington, qui menace de droits de douane toute nation souhaitant vendre du pétrole à Cuba.

La situation au Québec

Depuis l’annonce, les agences de voyages du Québec ne dérougissent pas et doivent gérer une vague d’inquiétude. Stéphanie Reilly, agente de voyage chez Voyage Jean-Pierre, confirme que les téléphones n’arrêtent pas de sonner.

« Il y a des clients et clientes qui partent dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines et qui se demandent ce qui se passe avec leur voyage. Est-ce que ça va avoir lieu ou pas? Est-ce qu’ils doivent partir ou pas? », confie-t-elle en entrevue avec Narcity Québec.

Selon elle, il est encore impossible de donner une réponse universelle. « Ça varie vraiment d’une situation à l’autre. C’est du cas par cas, selon le fournisseur et la date de départ », explique-t-elle, en précisant que l’information change constamment.

« J’ai l’impression de revivre un peu la pandémie, avec des informations qui changent aux minutes », explique-t-elle. « Comme en 2020, les agences doivent s’adapter en temps réel à des décisions qui évoluent rapidement, souvent sans préavis clair. »

Elle souligne que, comme à l’époque, les conseillers et conseillères en voyages reçoivent l’information au compte-gouttes, tout en devant rassurer leur clientèle.

« On essaie d’avoir l’air sûrs, mais les conditions changent presque toutes les heures », ajoute-t-elle.

Rapatriements à venir

Malgré les différentes crises qui frappent Cuba, le tourisme, lui, n’est pas mis sur pause et de nombreuses personnes du Québec s’y sont rendues dans les derniers jours.

Stéphanie Reilly confirme que plusieurs de ses clientes et clients sont actuellement en processus de retour au Canada.

« On a des clients et clientes qui sont en voyage en ce moment. La plupart se font rapatrier incessamment », explique-t-elle.

Elle nuance toutefois la situation sur place, malgré les pénuries de produits.

« On a aussi des clients et clientes qui sont revenus en fin de semaine et qui nous ont dit que tout était très bien, qu’ils n’ont manqué de rien », rappelle-t-elle, tout en précisant que le principal enjeu demeure l’accès aux soins de santé.

« Les gens vont quand même passer de belles vacances, mais s’ils tombent malades, il n’y a pas beaucoup de ressources pour les soigner là-bas. »

Changer de destination peut coûter plus cher

Pour les personnes qui choisissent d’annuler ou de modifier leur voyage, les options existent, mais elles sont souvent plus dispendieuses, malgré la suspension des frais à cet effet par les transporteurs.

Stéphanie Reilly explique que la forte demande pour des destinations alternatives fait exploser les prix.

« Un forfait que j’ai vendu hier à 1 400 $ est rendu à 1 800 $ aujourd’hui. Même, avec un crédit voyage, c’est le tarif du jour qui s’applique », dit-elle.

Moscou Côté souligne pour sa part que Porto Plata, en République dominicaine, représente la solution la plus abordable après Cuba, mais rappelle que « on ne trouvera rien au même prix » cubain.

Selon lui, plusieurs personnes sous-estiment l’impact financier d’un changement de destination à la dernière minute.

« Tu vas payer au moins 500 $ de plus par personne, minimum », dit-il, en précisant que ce montant peut grimper rapidement pour les familles ou les couples.

Faut-il maintenir son voyage à Cuba?

Sur la question de savoir s’il est préférable d’éviter Cuba, Stéphanie Reilly se montre prudente.

« Pour l’instant, ce n’est pas une destination que je suggère, avec toutes les incertitudes. Il n’y a pas de danger en soi, mais ça vient avec le fardeau des annulations, des rapatriements et des imprévus. »

De son côté, Moscou Côté invite les voyageurs et voyageuses à ne pas paniquer et à attendre quelques jours avant de prendre une décision finale.

« Aujourd’hui, je dirais à tout le monde, attendons deux jours », explique-t-il, estimant que la pénurie de kérosène pourrait être temporaire ou liée à une gestion des réserves plutôt qu’à un manque réel de carburant.

Selon lui, ce court délai permettrait d’y voir plus clair et d’éviter des décisions prises sur le coup de l’émotion.

Sinon, « les compagnies aériennes ont l’expérience et des plans de contingence. Il y a des solutions et des alternatives. Personne ne va rester coincé là-bas », assure-t-il.

Il explique que les vols vers Cuba sont relativement courts et que les avions ont suffisamment de carburant pour se rendre à destination ou se diriger vers un autre aéroport si nécessaire.

En attendant que la situation se stabilise, les spécialistes recommandent de communiquer directement avec son agence de voyages ou son transporteur afin de connaître les options offertes, que ce soit un remboursement, un crédit-voyage ou un changement de destination.

Réactions des différentes compagnies aériennes

Air Canada

Air Canada a annoncé par voie de communiqué que tous les vols vers Cuba étaient annulés, et ce, jusqu’au 1er mai, sous toute réserve.

« Une annulation qui entraîne automatiquement un remboursement en argent. C’est la loi au Québec. Quand un vol est annulé, c’est un remboursement en argent », et non en crédit, dit M. Côté.

Le transporteur à la feuille d’érable confirme qu’il effectuera des vols à vide afin de rapatrier environ 3 000 clients et clientes actuellement à Cuba.

Les vols de retour vers le Canada seront maintenus à court terme, au besoin avec du carburant supplémentaire ou des escales techniques pour l’avitaillement.

Air Transat

En fin de soirée, lundi, Air Transat a indiqué qu'elle interrompait ses services vers Cuba jusqu’au 30 avril.

Sur son site Web, elle souligne que les clientes et clients dont le voyage n’est pas encore amorcé et dont le départ était prévu entre le 11 février et le 30 avril 2026 verront leur réservation automatiquement annulée et seront remboursé.e.s selon le mode de paiement original, sans aucune action requise.

WestJet

WestJet a publié un avis concernant des vols vers plusieurs destinations à Cuba, dont La Havane, Cienfuegos, Cayo Largo del Sur, Cayo Coco, Holguín et Santa Clara. L’avis est en vigueur pour les voyages prévus entre le 8 février et le 25 avril 2026.

Dans son avis, le groupe WestJet indique suivre de près l’évolution de la situation à Cuba. Le transporteur affirme avoir pris la décision d’entreprendre une cessation progressive et ordonnée de ses opérations vers la destination, afin de prioriser la sécurité des invité.e.s et des employé.e.s et de protéger l’intégrité de ses opérations.

Pour les personnes ayant réservé directement avec WestJet, plusieurs options sont offertes, y compris pour les tarifs UltraBase. Il est possible de modifier sa destination sans pénalité. Si la nouvelle option est plus coûteuse, la différence tarifaire s’appliquera, tandis que tout montant résiduel sera remboursé.

Un changement de cabine est également permis, avec ajustement tarifaire au besoin. Le nouveau voyage devra toutefois être effectué dans les 60 jours suivant la date de départ initiale.

En cas d’annulation, le vol sera automatiquement annulé et un remboursement sera effectué selon le mode de paiement initial. Les personnes concernées recevront un avis contenant les renseignements nécessaires pour compléter la démarche.

Du côté de Vacances WestJet, les clientes et clients peuvent modifier leur réservation pour une autre destination sans pénalité. Toute différence de prix du forfait s’appliquera, et si le nouveau forfait est moins cher, la différence sera remboursée.

Il est aussi possible d’annuler la réservation et de demander un remboursement selon le mode de paiement initial en communiquant directement avec Vacances WestJet.

Sunwing

Même son de cloche chez Sunwing, qui a appartient à WestJet, a confirmé l’annulation progressive de ses vols vers Cuba pour la saison hivernale. Les personnes actuellement en vacances à Cuba dont le retour est prévu au plus tard le 16 février rentreront comme prévu, tandis que celles et ceux dont le retour est prévu après le 17 février seront contacté.e.s afin de confirmer de nouvelles dates.

Comme Air Canada, les vols vers Cuba se feront à vide afin d’assurer un retour sécuritaire. Sunwing précise qu’il n’y a aucune inquiétude liée à la sécurité sur place et que du soutien demeure disponible via ses équipes et l’application mobile.

  • Éditeur Junior

    Jean-Michel Clermont-Goulet est journaliste et éditeur junior chez Narcity Québec. Diplômé de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en journalisme, il a d’abord fait ses premières armes au sein d’un média spécialisé en techno avant d’embarquer dans la grande famille de Narcity Québec, où il a travaillé de 2019 à 2021. Après un passage dans l'équipe du média numérique 24 heures, où il a traité d’actualité locale, nationale et internationale, Jean-Michel est de retour en force en 2025 pour informer la communauté de Narcity. Bien qu’il soit intolérant au gluten, il mange de la politique à profusion et n’a pas peur de donner son opinion. Il accorde également une importance aux nouvelles concernant divers enjeux sociaux et environnementaux.

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