Sommet Canada-UE : Mark Carney et PSPP se chicanent et on t'explique pourquoi
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Mark Carney et Paul St-Pierre Plamondon se chicanent à la veille du sommet Canada-Union européenne.
« Fais pas ci, fais pas ça. Patati et patata », comme chantait l'autre. À peine assermenté comme premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) est déjà au cœur de sa première chicane avec son homologue fédéral, Mark Carney. Pourquoi, donc? Le différend concerne le sommet Canada-Union européenne, prévu cette semaine à Montréal. On t'explique.
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La métropole québécoise accueillera, jusqu'au vendredi 30 octobre, une importante rencontre bilatérale entre Ottawa et Bruxelles. Le premier ministre Carney a invité PSPP à accueillir les dignitaires lors de leur arrivée au Québec et à participer au sommet.
St-Pierre Plamondon souhaite profiter de cette tribune internationale pour prendre la parole, mais le gouvernement canadien, hôte de l'événement, refuse de lui accorder ce droit. C'est là que le chamaillage commence.
Sur les réseaux sociaux, St-Pierre Plamondon y est allé d'une publication incendiaire à l'endroit d'Ottawa, dénonçant sans détour le refus du gouvernement fédéral de lui permettre de s'adresser aux invités et invitées de la rencontre.
« Dans le film Le temps des bouffons, Pierre Falardeau mettait en lumière, avec dérision, le fait que les Québécois sont traités en porteurs d’eau sur leur propre territoire, condamnés à se laisser dicter les décisions fondamentales de leur société par des élites financières qui n’ont aucune légitimité démocratique », a-t-il écrit.
Servir des « crevettes cocktail »
Ce qu'il faut savoir, c'est que Mark Carney souhaite renforcer la collaboration avec l'Union européenne afin de réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis.
Bien qu'invité à l'événement, Paul St-Pierre Plamondon déplore que le Québec ne soit pas consulté, alors que la rencontre se tient sur son territoire.
« Le gouvernement fédéral voudrait nous faire croire que le fait, pour le premier ministre du Québec, d’obtenir la permission de servir des crevettes cocktail lors d’une réception constitue une forme d’influence acceptable et suffisante dans la représentation des intérêts du Québec », dénonce Paul St-Pierre Plamondon.
Selon lui, le Canada est un « État fédéral centralisateur, voire unitaire, qui impose ni plus ni moins aux provinces un rôle d’observatrices dans des discussions qui touchent pourtant leurs intérêts fondamentaux et leurs champs de compétence » sous la gouverne de Mark Carney.
La réponse d'Ottawa
En refusant de participer au sommet Canada-UE, Paul St-Pierre Plamondon joue à la « chaise vide », a soutenu le premier ministre canadien à la sortie d'une réunion parlementaire, ce mardi.
« Il a été invité au dîner. Il a refusé. [...] C’est sa décision de laisser une chaise vide », a-t-il déclaré aux journalistes.
Mark Carney a rappelé que son équipe avait invité M. St-Pierre Plamondon à accueillir les dignitaires européens à Montréal et à s'asseoir à la table d'honneur en compagnie de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et du président du Conseil européen, António Costa.
« Selon moi, c’est une grande occasion, une occasion très utile d’avoir des conversations et d’établir des relations avec le président de l’Union européenne et, pour nous deux, moi et M. St-Pierre Plamondon, d’avoir l’occasion de renforcer nos relations », a alors commenté M. Carney, rappelant que l'invitation tenait toujours.
Lors d'une mêlée de presse ce mercredi 28 octobre, le premier ministre québécois a demandé à Mark Carney de revenir sur sa décision de lui interdire de prendre la parole, affirmant qu'il n'est « jamais trop tard pour bien faire ».
« J’ai toujours indiqué que je voulais une relation productive avec Ottawa, mais j’ai aussi indiqué que je voulais une relation qui est dans le respect », a lancé le premier ministre du Québec, sans préciser s'il allait tout de même être présent lors du sommet.
Il soutient que « ce n’est pas respectueux de ne pas donner une place au premier ministre du Québec dans un évènement au Québec, dans le cadre duquel ce sont les intérêts économiques du Québec qui sont négociés ».
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