Manque d'eau potable au Québec : Des villes comptent interdire son utilisation « inutile »
Une sonnette d’alarme face à des pénuries d’eau potable!😮

Face à une possible pénurie d'eau potable, plusieurs villes du Québec comptent interdire son utilisation « inutile ».
Si le Québec a longtemps été perçu comme le paradis de l’or bleu, la réalité est bien différente dans le sud de la province, où les puits d’eau potable de plusieurs municipalités s’assèchent. Certaines villes ont même interdit, ou prévoient interdire, tout l’été, les usages non essentiels de l’eau, notamment l’arrosage des pelouses et le nettoyage des entrées de stationnement. On fait le point.
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La Ville de Saint-Hyacinthe est la plus récente municipalité du Québec à annoncer l’interdiction de l’arrosage des pelouses jusqu’au 31 août. Les personnes qui contreviendront à ce nouveau règlement municipal s’exposent à une amende de 200 $, voire plus en cas de récidive.
Mais le problème dépasse largement les limites de cette municipalité. En Montérégie, des organismes environnementaux, des personnes élues d’une douzaine de villes et des groupes de recherche tirent la sonnette d’alarme concernant l’état des nappes phréatiques du bassin versant de la rivière Châteauguay, où une surexploitation de l’eau souterraine a été confirmée en 2024.
« Au Québec, nous avons longtemps cru que l’eau était une ressource infinie. Exit l’époque des lunettes roses : il faut aujourd’hui faire face à la réalité », peut-on lire dans une lettre ouverte publiée le 5 juin dernier.
Les inquiétudes ne datent pas d’hier. Dès 2015, le Plan directeur de l’eau identifiait déjà la disponibilité de l’eau souterraine comme un enjeu majeur.
Des réserves de plus en plus fragiles
Depuis, le drainage agricole, l’imperméabilisation des sols urbains et la multiplication des épisodes de sécheresse ont accentué la pression sur la ressource.
« Les nappes phréatiques se rechargent moins vite, pendant que les rivières subissent des crues plus violentes et que les périodes d’étiage s’allongent », souligne le regroupement. Plus de 40 % de la population du territoire dépend d’ailleurs directement de l’eau souterraine pour sa consommation quotidienne.
Face à cette situation, une demande officielle a été déposée afin qu’un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) soit consacré aux pénuries d’eau.
« La table de concertation estime qu’il est temps pour le gouvernement du Québec d’aborder la question des pénuries d’eau souterraine qui affectent la région de l’ouest de la Montérégie et plusieurs autres régions du Québec », indique dans une lettre transmise par le Scabric au gouvernement du Québec, dont au ministère de l’Environnement.
Le Scabric est un organisme à but non lucratif dont la mission est d’améliorer la qualité de l’eau et des sols dans les bassins versants de la région de Châteauguay.
Selon les plus récentes données officielles, les Québécois et Québécoises consomment en moyenne 245 litres d’eau par jour à la maison.
Il s’agit d’une consommation supérieure à la moyenne canadienne, qui s’établit à 220 litres par jour, ainsi qu’à celle de l’Ontario, où elle atteint 184 litres. L’écart est encore plus marqué avec la France, où la consommation résidentielle moyenne est de 130 litres par personne quotidiennement.
Voici des villes qui interdisent l’arrosage de la pelouse et/ou le lavage de leur pavé de stationnement :
- Saint-Hyacinthe
- Shawinigan
- Saint-Dominique
- Sherbrooke (permis une fois par semaine seulement)
- Québec (permis une fois par semaine seulement)
- Blainville
- Saint-Lin-Laurentides
- Vaudreuil-Dorion