Mark Carney signe un chèque de 10 milliards $ pour le Québec : Voici à quoi ça va servir
Hôpitaux et cégeps en piteux état, tramway, ligne bleue : la liste est longue!

Dix milliards $ seront transférés au gouvernement du Québec pour des projets d’infrastructure, confirme Mark Carney.
Le gouvernement du Canada a offert un gros cadeau à la première ministre du Québec, Christine Fréchette : un chèque de 10 milliards de dollars dédié aux projets de transport collectif et aux infrastructures de la Belle Province. Ça veut dire quoi, tout ça? On t’explique.
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C’est lors d’une conférence de presse commune dans les garages du Réseau de transport de Longueuil (RTL), ce mardi 2 juin, que le premier ministre du Canada, Mark Carney, accompagné de son homologue québécoise, a annoncé ce transfert.
Grosso modo, cette somme, répartie sur 10 ans, permettra au gouvernement du Québec d’appuyer des projetsdans les secteurs de la santé, du transport collectif, du logement et de l’enseignement supérieur, et ce, partout dans la province.
Christine Fréchette précise que ces sommes seront versées sans condition et qu’elles contribueront à la réalisation de projets « choisis par et pour les Québécois ».
Une grande partie au transport collectif
Au total, Ottawa versera cinq enveloppes distinctes au Québec. À elles seules, les mesures liées au transport collectif représentent près de 5,7 milliards de dollars sur les 10 milliards annoncés. Ces sommes proviennent notamment du Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC), par l’entremise de son volet Financement de base et de son volet Projets structurants.
À ce montant s’ajoutent près de 460 millions $ pour le Fonds pour le transport en commun à zéro émission (FTCZE), qui vise à soutenir 11 projets d’électrification des transports collectifs à travers la province.
De ces projets, on compte notamment le tramway de Québec, sécurisant par le fait même les fonds pour assurer la pérennité et l’avancement des travaux.
« Le dossier est clos, clos et clos. C’est barré à triple tour. Le financement est sécurisé. On avait déjà un financement complet, mais maintenant, on a la juste part du fédéral », a lancé le maire de Québec, Bruno Marchand, présent lors de l’annonce.
Le prolongement de la ligne bleue, déjà en branle, pourrait également être admissible aux fonds, a précisé Mark Carney.
Et le reste des 10 milliards, lui?
Il ne restera pas bien longtemps dans les coffres de l’État. Québec et Ottawa ont conclu une entente de 3,6 milliards de dollars dans le cadre du Fonds pour bâtir des collectivités fortes (FBCF).
Selon le premier ministre Mark Carney, ces sommes serviront notamment à accélérer la construction de logements, à soutenir le développement de campus universitaires et de centres communautaires, ainsi qu’à financer d’importants projets de modernisation et d’agrandissement dans 17 hôpitaux et cliniques du Québec.
Parmi les établissements concernés figurent notamment l’Hôpital Charles-Le Moyne, l’Hôtel-Dieu de Lévis, l’Hôpital de Chicoutimi et l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.
Une annonce saluée et critiquée
Par communiqué, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) s’est dite « satisfaite » de cette avancée. Depuis plusieurs mois, l’organisme demandait que ces sommes soient rapidement accessibles afin de permettre aux municipalités de mettre en branle leurs projets majeurs ou de poursuivre ceux déjà amorcés.
Trajectoire Québec, un organisme voué à la promotion du transport collectif, a également salué l’entente conclue entre les gouvernements du Québec et du Canada. L’organisation a toutefois insisté sur l’importance d’affecter ces fonds à des projets déjà en cours, notamment le tramway de Gatineau et le projet structurant de l’Est de Montréal.
Du côté de la classe politique, c’est une autre histoire. À quelques mois d’une élection générale à travers la province, le Parti québécois (PQ) a soutenu qu’il s’agissait d’une tactique « électoraliste » de la part du gouvernement caquiste.
« La machine fédérale s’intéresse aux prochaines élections québécoises », a soutenu le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon.
Pour sa part, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a qualifié l’entente de « bonne nouvelle pour les Québécois », mais qu’il ne comptait pas féliciter la première ministre « d’être la dernière province à signer une entente avec le gouvernement fédéral ».