Racisme au SPVM à Montréal-Nord : On te résume toute l’histoire
Des policiers gardaient des « trophées » de leurs victimes.

Les révélations de racisme faites par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) au sujet de policiers créent l’émoi.
La nouvelle est tombée tard en soirée le vendredi 12 juin et continue de faire réagir. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a annoncé le démantèlement d’une équipe de patrouilleurs et de patrouilleuses d’un poste de quartier de Montréal-Nord. En cause : des allégations de gestes et de comportements racistes. Voici ce qu’il faut savoir.
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Lors d’une conférence de presse, le directeur du SPVM, Fady Dagher, s’est dit « profondément heurté » par les faits reprochés aux 16 policiers et policières du PDQ 39, qui auraient participé à des activités d’ordre raciste.
« J’ai été très surpris. Je ne croyais pas que c’était possible, en 2026 », a laissé tomber le directeur Dagher au sujet des allégations.
En mars dernier, le SPVM a été informé d’allégations faisant état de « gestes et de comportements inacceptables » de la part de membres du poste de quartier 39.
Les renseignements transmis par des employé.e.s du SPVM ont été jugés « suffisamment préoccupants » pour justifier l’ouverture d’une enquête interne afin de faire la lumière sur la situation.
Même si les vérifications sont toujours en cours, les éléments déjà corroborés ont été jugés assez sérieux pour que le corps policier amorce le processus de démantèlement de l’équipe.
Au total, 16 jeunes membres du SPVM comptant quelques années d'expérience sont visés par ces allégations. Ils auraient commis de graves manquements au Code de discipline ainsi qu'au Code de déontologie policière.
Parmi eux, deux policiers ont été suspendus et pourraient faire face à des accusations criminelles. Leur dossier a d'ailleurs été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui en analyse actuellement le contenu.
Les 14 autres policiers et policières ont été muté.e.s ou réaffecté.e.s à des fonctions n'impliquant aucun contact avec le public, a indiqué M. Dagher.
Parmi les faits rapportés figurent des comportements discriminatoires et racistes envers des personnes noires et d'origine arabe, ainsi que des « irrégularités » lors d'une intervention policière.
Selon les informations, des policiers et policières auraient notamment coupé des mèches de cheveux de type dreads à des hommes en guise de trophées.
Ce que dit la mairesse de Montréal
Le lendemain de la conférence de presse coup de poing du SPVM, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a soutenu que la situation était « inacceptable », parlant même d'un exemple de « racisme systémique ».
« Ces gestes ébranlent la confiance […] et n’ont pas leur place à Montréal ni dans aucune de nos institutions », a-t-elle dit.
« Je veux m’adresser aux citoyens et citoyennes de Montréal-Nord, à toutes les personnes qui, un jour, se sont senties surveillées, visées, profilées. À ceux et celles qui ont porté plainte sans avoir eu l’impression d’être entendus. À ceux et celles qui ont parfois le sentiment que rien ne change : je vous entends », a déclaré la mairesse.
Cette dernière a d'ailleurs ajouté, ce lundi 15 juin, qu'elle souhaitait qu'un « processus d’enquête indépendant » soit mis en branle et que l’enquête interne lancée par le SPVM « donne l’assurance aux citoyens qu’il y a un processus indépendant qui va se faire », a-t-elle expliqué lors d'une courte mêlée de presse.
Un « observateur » nommé par Québec
Le ministre de la Sécurité publique, Ian Lafrenière, a pour sa part annoncé la nomination d’un « observateur » chargé de superviser le travail du SPVM dans ce dossier.
« J’entends les préoccupations de la population. Elles sont légitimes et je les comprends. Nous voulons tous que la lumière soit faite sur ces évènements odieux. Nous voulons tous un processus transparent », a-t-il écrit sur X.
« Voilà pourquoi je vais nommer un observateur indépendant pour suivre les différentes étapes de l’enquête et m’assurer que le tout se déroule correctement, peut-on lire dans sa publication. Selon ce qui sera rapporté, les autres processus demeurent : déontologie policière, transfert de l’enquête à un autre service de police ou au [Bureau des enquêtes indépendantes]. »
J’entends les préoccupations de la population. Elles sont légitimes et je les comprends. Nous voulons tous que la lumière soit faite sur ces événements odieux. Nous voulons tous un processus transparent. Voilà pourquoi je vais nommer un observateur indépendant pour suivre les…
— Ian Lafrenière (@IanLafreniere) June 15, 2026
L'ancien policier a également indiqué qu'il n'excluait pas la possibilité de déclencher une enquête publique si celle actuellement en cours « ne permet pas de faire toute la lumière sur les évènements ».
De son côté, le Parti libéral du Québec (PLQ) a demandé au gouvernement de Christine Fréchette de confier l'enquête à la Sûreté du Québec (SQ). Par communiqué, il souligne qu'il est approprié qu'une telle enquête soit menée par un corps de police externe.
« Permettre au SPVM d'enquêter sur ses propres membres dans un dossier de cette nature ne répondrait pas aux exigences de transparence et d'indépendance attendues par le public », indique-t-on.
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