Québec veut bannir les signes religieux chez les enfants à l'école : Voici quoi savoir
Une promesse électorale « non négociable » qui deviendra bientôt réalité?

Le gouvermement du Québec veut bannir les signes religieux chez les enfants à l'école primaire.
Après la laïcité de l'État, la laïcité des jeunes? C'est ce que semble vouloir imposer le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon, qui souhaite interdire le port de signes religieux chez les élèves du primaire dans les écoles québécoises. C'est donc dire que les bretelles spaghetti, la kippa et le hijab ont plus en commun qu'on le pense.
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« Le Parti québécois va tenir tous ses engagements en éducation, comme dans tous les autres secteurs, alors c’est non négociable. C’est sur cette base-là qu’on a été élus, c’est sur cette base-là qu’on va travailler! », a lancé mercredi le ministre de l’Éducation, Joël Arseneau, devant la presse.
Cette interdiction des signes religieux « ostensibles » faisait partie des promesses électorales du Parti québécois (PQ). Or, le gouvernement ignore combien d'enfants seraient touchés par cette éventuelle loi, qui est loin de faire l'unanimité.
Dans un communiqué, Amel Zaazaa, directrice et cofondatrice de l’Observatoire pour la justice migrante, ne mâche pas ses mots.
« Plutôt que de s’attaquer aux écoles vétustes, au manque de personnel, au sous-financement de l’école publique et à l’école à trois vitesses, il s’en prend aux droits des enfants et en fait un terrain de jeu pour ses politiques identitaires », dénonce-t-elle.
Même son de cloche du côté de la Fédération des femmes du Québec, qui estime qu'interdire le port de signes religieux aux élèves du primaire, « c’est tracer une ligne d’exclusion dans un lieu qui doit accueillir chaque enfant ».
La fédération reproche également au gouvernement de s'attaquer aux droits des élèves plutôt qu'aux problèmes du réseau scolaire. Elle craint notamment que les jeunes filles portant le hijab soient davantage exclues des institutions publiques.
Pour sa part, Anaïs Bussières McNicoll, directrice des libertés fondamentales à l’Association canadienne des libertés civiles, a martelé, lors d'une conférence de presse jeudi, qu'une petite fille de 10 ans « devrait avoir le droit d’aller à l’école, point final ».
Elle accuse d'ailleurs l'ancien gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) d'avoir « détourné la notion de laïcité de l’État pour exclure certains groupes religieux, les femmes musulmanes en particulier, de pans de plus en plus grands de la vie publique ».
Des directions d'école remettent aussi la mesure en question
En entrevue avec les médias de Québecor, Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, estime qu'il n'y a « pas de problèmes assez sérieux » pour justifier de retirer des droits aux élèves.
Sans pouvoir chiffrer le nombre d'enfants concernés, elle reconnaît que certains garçons portent la kippa, le kirpan ou le turban, tandis que des filles portent le hijab. Elle rappelle toutefois qu'il existe « beaucoup de signes religieux qui sont plus subtils et qu’on connaît moins ».
Encore faut-il que le gouvernement péquiste, minoritaire à l'Assemblée nationale, obtienne l'appui de l'opposition pour faire adopter sa loi.
Ce soutien ne viendra vraisemblablement pas de Québec solidaire, qui défend la liberté de religion dans les écoles, tant pour le personnel enseignant que pour les élèves. La balle se retrouverait donc dans le camp du Parti libéral du Québec et du Parti conservateur du Québec.
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