Quel est le salaire d’une infirmière au public au Québec en 2026? Voici quoi savoir
Les conditions de travail valent-elles la paie?

On s'est demandé quel est le salaire d’une infirmière au public au Québec en 2026.
Devenir infirmière ou infirmier dans le réseau public au Québec, est-ce que c’est payant? On s’est demandé quel est le salaire des personnes qui choisissent de soigner la population dans les hôpitaux, les CLSC et les CHSLD de la province, et ce qu’elles obtiennent en échange de de leurs nuits blanches, de leur flexibilité, de leurs fins de semaine et de leur charge émotive.
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Les infirmières et infirmiers du réseau public travaillent pour Santé Québec, la société d'État qui gère les établissements de santé de la province. On les retrouve notamment dans les hôpitaux, les CLSC, les CHSLD, les maisons des aînés, les écoles et au service Info-Santé 811.
D'ailleurs, selon de récentes données de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), près de 90 % du personnel infirmier du Québec est composé de personnes qui s'identifient comme femmes. Nous utiliserons donc le terme féminin afin d'alléger la lecture.
La profession comprend plusieurs titres d'emploi, mais on s'intéressera ici aux deux plus courants : l'infirmière, qui détient un diplôme technique du cégep, et l'infirmière clinicienne, qui possède un baccalauréat universitaire.
Dans les faits, leurs tâches peuvent être très semblables. Marie*, infirmière clinicienne depuis dix ans aux soins intensifs d'un hôpital de la Rive-Sud de Montréal, explique que plusieurs de ses collègues sans baccalauréat font exactement le même travail qu'elle.
« Si tu travailles à l’hôpital, tu n’es pas obligée d’avoir ton bac. Par contre, si je veux aller travailler dans un GMF, dans une clinique, dans un CLSC ou faire de l’enseignement, c’est quelque chose qui est vraiment privilégié », précise-t-elle.
Le baccalauréat permet donc d'accéder à davantage de postes et de responsabilités, en plus d'offrir un salaire plus élevé.
Voici quelques exemples de tâches que peuvent effectuer les infirmières, selon leur milieu de travail :
- Évaluer l’état de santé des patients et patientes, et surveiller son évolution;
- Établir et appliquer un plan thérapeutique infirmier;
- Administrer des médicaments, des traitements et des soins;
- Prescrire des analyses de laboratoire, certains médicaments ou certains traitements, selon la réglementation en vigueur;
- Annoncer de mauvaises nouvelles et accompagner les familles dans des moments difficiles;
- Enseigner aux usagers et usagères ainsi qu’à leurs proches comment prendre soin de leur santé;
- Coordonner le travail de l’équipe de soins et former les nouvelles recrues et les stagiaires.
Quel est le salaire des infirmières au Québec?
Dans le réseau public, le salaire des infirmières est fixé par la convention collective de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), en vigueur jusqu’au 31 mars 2028, et varie selon le titre d’emploi et l’échelon, qui augmente avec les années d’expérience.
Comme les salaires sont présentés sur une base horaire, Narcity Québec les a multipliés par 37,5 heures par semaine, sur une année de 52 semaines, pour obtenir les montants annuels bruts. Ces montants n’incluent aucune prime ni aucune heure supplémentaire.
Voici l’échelle salariale de l’infirmière (formation technique)
- 1er échelon : 57 740 $ par année
- Taux horaire : 29,61 $
- 2e échelon : 59 436 $ par année
- Taux horaire : 30,48 $
- 3e échelon : 61 269 $ par année
- Taux horaire : 31,42 $
- 4e échelon : 63 121 $ par année
- Taux horaire : 32,37 $
- 5e échelon : 65 013 $ par année
- Taux horaire : 33,34 $
- 6e échelon : 67 022 $ par année
- Taux horaire : 34,37 $
- 7e échelon : 69 030 $ par année
- Taux horaire : 35,40 $
- 8e échelon : 71 116 $ par année
- Taux horaire : 36,47 $
- 9e échelon : 73 242 $ par année
- Taux horaire : 37,56 $
- 10e échelon : 74 782 $ par année
- Taux horaire : 38,35 $
- 11e échelon : 76 947 $ par année
- Taux horaire : 39,46 $
- 12e échelon : 79 326 $ par année
- Taux horaire : 40,68 $
- 13e échelon : 81 724 $ par année
- Taux horaire : 41,91 $
- 14e échelon : 83 811 $ par année
- Taux horaire : 42,98 $
- 15e échelon : 85 878 $ par année
- Taux horaire : 44,04 $
- 16e échelon : 88 101 $ par année
- Taux horaire : 45,18 $
- 17e échelon : 90 324 $ par année
- Taux horaire : 46,32 $
- 18e échelon : 92 586 $ par année
- Taux horaire : 47,48 $
Voici l’échelle salariale de l’infirmière clinicienne
- 1er échelon : 60 567 $ par année
- Taux horaire : 31,06 $
- 2e échelon : 62 673 $ par année
- Taux horaire : 32,14 $
- 3e échelon : 64 994 $ par année
- Taux horaire : 33,33 $
- 4e échelon : 67 353 $ par année
- Taux horaire : 34,54 $
- 5e échelon : 69 810 $ par année
- Taux horaire : 35,80 $
- 6e échelon : 72 404 $ par année
- Taux horaire : 37,13 $
- 7e échelon : 74 978 $ par année
- Taux horaire : 38,45 $
- 8e échelon : 77 668 $ par année
- Taux horaire : 39,83 $
- 9e échelon : 80 554 $ par année
- Taux horaire : 41,31 $
- 10e échelon : 82 660 $ par année
- Taux horaire : 42,39 $
- 11e échelon : 85 644 $ par année
- Taux horaire : 43,92 $
- 12e échelon : 88 784 $ par année
- Taux horaire : 45,53 $
- 13e échelon : 92 020 $ par année
- Taux horaire : 47,19 $
- 14e échelon : 94 868 $ par année
- Taux horaire : 48,65 $
- 15e échelon : 97 832 $ par année
- Taux horaire : 50,17 $
- 16e échelon : 100 932 $ par année
- Taux horaire : 51,76 $
- 17e échelon : 104 091 $ par année
- Taux horaire : 53,38 $
- 18e échelon : 107 328 $ par année
- Taux horaire : 55,04 $
En gros, une infirmière clinicienne gagne de 1,45 $ à 7,56 $ de plus l’heure qu’une infirmière formée au cégep, selon l’échelon. Au sommet de l’échelle, l’écart atteint près de 15 000 $ par année.
« Pour deux ans d’école de plus, honnêtement, ça paraît », souligne Marie, qui a atteint le 18e et dernier échelon de son échelle.
Quelles primes peuvent s’ajouter au salaire?
Selon le quart de travail et le milieu, plusieurs primes prévues à la convention collective peuvent faire grimper la paie, et certaines peuvent s’additionner. Certaines primes sont calculées selon le nombre d’heures rémunérées par période de paie de deux semaines. Le palier 1 vise les personnes qui cumulent 70 heures et plus, le palier 2, de 42 à 70 heures, et le palier 3, moins de 42 heures.
Voici les principales primes auxquelles le personnel infirmier peut avoir droit en 2026-2027 :
- Prime de soir de 7 % du salaire horaire, ou de 10 % à 70 heures et plus par période de paie de deux semaines ;
- Prime de nuit de 14 % du salaire horaire, ou de 18 % à 70 heures et plus par période de paie de deux semaines ;
- Prime de fin de semaine de 5 % du salaire horaire, ou de 9 % à 70 heures et plus par période de paie de deux semaines dans un service ouvert 24/7 ;
- Prime de rotation, soit la moitié de la prime de soir ou de nuit pour les heures de jour, quand l’horaire alterne entre les quarts ;
- Prime de soins critiques de 10 % à 15 % à l’urgence, aux soins intensifs, à l’unité coronarienne, en néonatalogie et aux grands brûlés ;
- Prime spécifique de soins critiques de 6 % à 10 %, notamment au bloc opératoire, en salle de réveil et en obstétrique ;
- Prime de 1 % à 3,5 % en psychiatrie ou auprès de la clientèle ayant des troubles graves du comportement ;
- Prime de 1,74 $ à 2,33 $ l’heure en CHSLD et en maison des aînés ;
- Prime de 5 % pour l’infirmière (formation technique) qui forme le nouveau personnel ou des stagiaires ;
- Prime de 5 % pour les heures régulières travaillées l’été (du 15 juin au 15 septembre) et pendant les Fêtes (du 15 décembre au 31 janvier), qui grimpe à 10 % pour les heures en temps supplémentaire ;
- Salaire majoré de 50 % le jour de Noël et le jour de l’An.
Des primes et des avantages liés aux disparités régionales s’ajoutent aussi pour le personnel qui travaille dans certaines régions éloignées, comme le Nord-du-Québec ou la Côte-Nord.
Marie, qui touche la prime de soins critiques, explique que celle-ci sert à reconnaître la formation plus pointue et les responsabilités supplémentaires qui viennent avec le travail auprès des patients et patientes les plus malades.
Quels sont les horaires et les heures de travail?
Selon les échelles de la FIQ, une infirmière ou une infirmière clinicienne à temps plein travaille 37,5 heures par semaine, réparties sur un maximum de cinq jours.
Dans les centres ouverts jour et nuit, le travail se fait de jour, de soir, de nuit ou en rotation, ainsi que les fins de semaine et les jours fériés. Beaucoup d’infirmières travaillent aussi à temps partiel.
Tout travail effectué au-delà de la journée ou de la semaine normale est payé à taux et demi. Le taux double s’applique durant un jour férié, de même que la fin de semaine dans les services ouverts 24 heures sur 24, à certaines conditions, notamment avoir travaillé toutes les heures prévues à son horaire.
Lors d’un changement de quart, il doit s’écouler au moins 16 heures entre la fin du travail et la reprise, sans quoi les heures effectuées à l’intérieur de ce délai sont payées à taux et demi.
Le temps supplémentaire
Le personnel infirmier n'est pas à l'abri du temps supplémentaire obligatoire, qu’on surnomme TSO. Il est imposé pour pallier un manque d'effectif, forçant une infirmière à rester en poste jusqu’à son remplacement. Après tout, un patient ne se soignera pas tout seul.
La convention collective précise qu’il ne peut être exigé que dans des situations d’urgence ou exceptionnelles. Marie raconte d’ailleurs que son équipe le refuse en bloc lorsqu’une absence était prévisible.
« Quand c’était prévu d’avance qu’il allait manquer quelqu’un, ce n’est pas vrai qu’on va subir les conséquences d’une mauvaise gestion. Par contre, quand c’est une urgence, on comprend. Ça arrive », affirme-t-elle.
Avec le temps supplémentaire, les revenus peuvent d’ailleurs grimper rapidement. « Il y a une année où j’ai fait 140 000 $. J’avais des projets, je voulais voyager. Une autre année, j’ai pris ça plus relax, je suis retournée à l’école, et j’ai fait autour de 80 000 $ », raconte-t-elle.
« C’est vraiment un bel avantage, d’avoir ce luxe-là de pouvoir faire volontairement plus d’heures, mais ça vient aussi avec la fatigue associée », concède l'infirmière clinicienne de 33 ans.
Quels sont les avantages sociaux des infirmières?
C'est bien beau, le salaire, mais encore faut-il de bonnes conditions pour attirer du monde dans le réseau public, où les postes vacants en soins infirmiers sont plus nombreux que dans toute autre profession au Québec.
Selon la convention collective, les infirmières ont droit à quatre semaines de vacances payées après un an de service. Une journée supplémentaire s'ajoute chaque année à partir de 15 ans d'ancienneté, jusqu'à atteindre cinq semaines après 19 ans.
Le personnel bénéficie aussi de 13 jours fériés, de 9,6 jours de congé de maladie, dont six peuvent servir à des fins personnelles, et d'un congé de maternité de 21 semaines. Les journées de maladie inutilisées sont payées au plus tard le 15 décembre.
À cela s'ajoutent une assurance salaire couvrant 80 % de la rémunération jusqu'à 104 semaines en cas d'invalidité, une assurance maladie collective et un régime de retraite (RREGOP). Le personnel à temps plein peut également se faire rembourser jusqu'à 400 $ par année pour sa cotisation à l'OIIQ.
Il faut toutefois tenir compte des nombreuses retenues sur la paie, notamment les impôts, les cotisations aux régimes d’assurance et de retraite ainsi que les cotisations syndicales.
Selon les heures travaillées, le salaire de 55 $ l'heure de Marie peut rapidement se transformer en environ 35 $ l'heure une fois les déductions effectuées, confie-t-elle.
Pour elle, le salaire n'a jamais été le principal enjeu. « En termes de salaire, on est bien payées. Par contre, le problème, c’est toujours en comparaison avec les autres provinces canadiennes », nuance-t-elle.
Elle souhaiterait surtout voir une meilleure organisation du travail. « Des fois, si j’ai personne pour me relayer et que mon patient ne va pas bien, je ne prends pas mes pauses. Il n’y a rien qui est vraiment mis en place pour ça », déplore-t-elle.
Il y a aussi un revers à la médaille : la violence, les imprévus et la lourde charge émotive qui accompagnent les soins aux patients et patientes.
« Ça m’est déjà arrivé d’appeler la police et de faire des plaintes pour de la violence. Oui, 55 $ de l’heure, c’est le fun, mais ça a quand même un impact sur nous. On reste des humains, et ce n’est vraiment pas toujours facile, cette job-là », confie Marie.
« Tu entres tellement dans l’intimité des gens, dans les pires moments de leur vie. C’est toi qui annonces les mauvaises nouvelles », ajoute-t-elle, précisant que la gestion de ce bagage émotif ne s'enseigne pas à l'école. « Même si on me payait 100 $ de l’heure, j’aurais quand même mes traumas. »
Quelles sont les études nécessaires?
Il existe deux principaux chemins pour exercer la profession. Pour devenir infirmière, il faut obtenir un diplôme d’études collégiales (DEC) en soins infirmiers, qui s’échelonne sur trois ans.
Pour accéder au poste d'infirmière clinicienne, un diplôme universitaire de premier cycle en sciences infirmières ou un baccalauréat par cumul de certificats est nécessaire.
Dans le cas de Marie, elle a suivi un parcours DEC-BAC, qui permet de compléter le baccalauréat en environ deux ans après la technique. D’autres s’inscrivent directement à l’université après le cégep.
« Au bout du compte, on a le même diplôme. Et ça nous ouvre d’autres portes en termes de postes, de responsabilités et de salaire », résume-t-elle.
* Nous avons modifié le prénom de l’infirmière clinicienne interviewée, puisqu’elle n’est pas autorisée à s’adresser aux médias.
Si jamais il y a un métier dont tu aimerais connaître le salaire et les conditions de travail, écris à notre journaliste Jean-Michel Clermont-Goulet à l’adresse jean-michel@narcity.com avec tes suggestions. On pourrait bien en faire le sujet d’un prochain article.
Cet article s'appuie sur les informations disponibles au moment de sa publication. Il pourra être mis à jour si de nouveaux renseignements sont portés à notre attention.
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